dimanche 27 janvier 2008

The devil wears...


Un brushing et une french plus tard, je file (presque) en retard a mon rencard...
Sur la route, j'avais pris soin d'appeler toutes les personnes de mon entourage qui travaillent ou ont un jour travaille pour Madame.
Le RH avait en effet neglige de me dire pour quel poste j'allais etre interviewee!
Renseignements pris, c'est le poste de Brand Manager Regional Chanel qui est disponible. Et a priori, elle veut quelqu'un de tres presentable, cultive, et francais. Parfait!
En revanche, moi qui suis une grande fan de sacs Chanel devant l'eternel, j'arborais ce jour-ci mon YSL Mombassa Marquise (neanmoins mon sac prefere, et porte-bonheur).
Detail qui tue, je portais neanmoins des boots Chanel a camelias, en piteux etat a cause de la pluie.
J'avais un peu le trac quand meme, moins par ce que les gens m'avaient dit sur la Dame en question (son surnom en ville est "The Devil Wears Chanel"), que par mon admiration pour une femme forte, qui sait mener de front une carriere brillante, un personnage public et une vie de famille.
Je n'attends qu'un quart d'heure quand tout le monde m'avait dit que j'attendrais au moins 2 heures, et je suis recue par une femme charmante.
Elle est beaucoup plus jolie, plus "petite" et plus mince que sur ses photos, et elle se rappelle soudain de moi, nous nous etions rencontrees au Fashion Show Bill Blass que j'avais organise en mars 2007. D'ailleurs elle porte ce jour-la le parfum que je lui avais offert alors!
Parfaitement mise, elle est emmitouflee dans un moelleux pull de cachemire gris, et des leggings noirs, assortis au Noir Ceramique de ses ongles.
Tres cordiale, elle me prie de me mettre a l'aise dans son bureau en attendant qu'elle passe un coup de fil important. Le directeur commercial arrive, se presente: il est francais, et le courant passe immediatement quand nous nous mettons a disserter sur Joice vs. Lane Crawford a Hong-Kong (de superbes concept/department stores), et les montagnes sacrees de Yang Shuo (que j'ai decouvertes il y a 3 ans deja).

Il prend mon CV, et le remonte par la fin, comme tous les francais, pour commencer par mon education: ce qu'il voit semble le ravir, et moi d'ajouter des petits details par-ci, par-la.
Mais la communication de Madame est terminee, donc elle se joint a nous.
L'entretien se fit uniquement en francais, car Madame est elle-meme libanaise-francaise, et s'exprime dans un francais impeccable.
Il s'empresse lui-meme de me vendre, en soulignant mon education, litteraire et sciences-potiche, ma passion pour les voyages, et ma pratique du tennis et yoga.
C'est alors que je prends la parole, pour detailler un peu mon profil.
Et la, je sens que Madame me regarde et me scrute jusque dans les moindres intonations de ma voix. Une sorte de Grand Oral es fashion.
Je retiens mon souffle, et la, je la vois sourire, et je sens que c'est gagne.
Au bout de 10 minutes d'entretien, elle est desarmee, et avoue ne plus savoir quoi me demander. Le directeur commercial prend le relais, et tache de me poser des questions sur mes annees lorealiennes, mon experience dubaienne, ma vision de la mode au Moyen-Orient,...
La conversation continue presque 2 heures, je case au passage que je viens de visiter l'exposition Lacroix au Musee de la Mode, que j'ai adoree (Lacroix est une des marques prestigieuses que Madame possede sur la region, et l'un de ses amis personnels).
Par hasard, je mentionne que j'ai fait des formations couleurs a l'IFM, qui m'ont initiee au pastel, et a la decomposition des couleurs, je vois Madame le noter immediatement sur mon CV.
Madame me demande quelles sont mes marques preferees, je prends mon souffle et je reponds du fond du coeur que j'adore Chanel, j'aime beaucoup YSL mais Pilati m'ennuie a force, j'admire ce que fait Gauthier pour Hermes, mais, comme on ne peut pas non plus s'habiller en Chanel tous les jours (Madame sourit, elle le peut!), je m'habille beaucoup en Alberta Ferretti, ou Philosophy, car c'est tres fluide, tres feminin, et classique.
J'adore aussi Valentino, le maitre, (une de ses marques aussi), dont les robes me font le meme effet que celles d'Oscar de la Renta: elles vous transforment en princesses de contes de fees, et c'est le reve de toute jeune femme moderne d'en posseder une un jour.
Enfin, j'ajoute que j'ai decouvert dernierement (notamment grace a vos blogs les filles, et a mon amie A-F, toujours a la pointe de la mode, merci a vous!) que je ne suis pas du tout "tendances", et que la mode du jean slim ou du flare, des low boots et des paletots, ca me rase. D'ailleurs je ne porte pratiquement jamais de jeans.
Madame acquiesce d'un signe de tete, je sens qu'elle est conquise.
A la fin de l'entretien, elle me presente sa compagnie, et les marques magnifiques qu'elle distribue sur toute la region (de quoi vous faire saliver les filles!).
Elle me demande quelle marque, ou quel poste m'interesserait. Toujours tres franche, je lui confesse que je sais que le poste de Brand Manager Chanel est vacant.
Et la, je tombe de haut: je serais absolument parfaite pour le poste, me dit-elle, mais voila: elle avait decide d'embaucher un homme a cause de 2 grandes ouvertures de magasins en Arabie Saoudite prochainement!
Je rebondis en lui glissant avec un sourire que c'est la premiere fois de ma vie que je vais regretter d'etre une femme!
Elle s'empresse de me rassurer, et de me dire qu'elle va reflechir, et revenir vers moi.
Je quitte les lieux un peu decue, mais avec une note d'espoir quand elle m'escorte elle-meme jusqu'a la porte des bureaux.
Il ne me reste plus qu'a attendre le verdict.
Pas grave, en attendant, j'ai un entretien de prevu le dimanche suivant avec une autre marque prestigieuse, la marque au monogramme specialiste du voyage, pour un poste tout aussi excitant.
La suite demain, la fievre me forcant a abreger mon recit...

2 commentaires:

Flabbergasted a dit…

Passer un entretien sous l'emprise de la fièvre, ne serait-ce pas après tout une chance inespérée ?

La fébrilité est un état second à nul autre pareil, une volupté indésirée faite de pensées véloces, de ressenti sublimé, de gestuelle policée ; comme sur une planète lointaine et merveilleuse, le soleil brille à travers un filtre embellissant et bienfaisant, le vent caresse comme une plume, les voix s’entrelacent et se distinguent dans une allègre symphonie tandis que chaque gorgée de thé devient un nectar mêlé de potion magique... car cette transe procure par-dessus tout un délicat sentiment de toute-puissance, avant de connaître son zénith dans un jubilée d'optimisme serein, anti-chambre raffiné du délire fiévreux où les sensations retrouvent l’euphorie de leur plénitude d'enfance, où l'âme semble recoller au corps dans l'extase infinie des sens...

Superfille.Ciel@gmail.com a dit…

Tout a fait.

Petit rectificatif cependant: je n'avais pas de fievre ce jour-la, mais j'en ai depuis 3 jours, c'est pour cette raison que je me dois d'abreger mes recits, la fievre montant ou descendant au gre de mon post.
C'est aussi pour cette raison que j'ai un peu plus de temps pour vous raconter mes aventures, car je cours un peu en ce moment...