jeudi 4 octobre 2007

Why Men Love Bitches*?

Toujours en quête de nouveaux sujets brûlants pour alimenter son livre ou son blog, Superfille-Ciel s’enquiert toujours des lectures de son entourage.
Ce qui ne provoque visiblement pas l’enthousiasme des troupes dans cette région du monde. Las, force est de constater que les gens lisent moins a Dubaï qu’a Paris, si ce n’est les magazines qu’on feuillette négligemment lors de sa visite hebdomadaire au salon de beauté. A croire qu’entre la plage, les restos, les manucures et les séances de shopping frénétique, les femmes n’ont plus le temps de lire dans cette ville.
C’était sans compter sur l’éclair de génie de ma colocataire, qui me conseillait un livre qu’on lui avait elle-même conseillé. Et, à en croire sa détresse affective ces derniers mois, et le désert sentimental qu’elle traverse, je me suis dit qu’il serait drôle d’essayer ses lectures, les conseils qu’on lui donne devant être bien avisés. Ne me laissant pas décourager par un titre plus qu’explicite (« Why men love bitches », c'est-à-dire Pourquoi les hommes aiment les connasses), et son exemplaire étant son livre de chevet dûment annoté, je profite d’un battement entre deux rendez-vous pour aller visiter Borders ce soir (grande librairie du Mall des Emirates).
Je m’approche discrètement du rayon « Self-Improvement », ma fierté française ravalée, je cherche des yeux l’objet de ma convoitise, quelque part entre : « What men won’t tell you but women need to know » (ce que les hommes ne vous diront pas mais que les femmes ont besoin de savoir), « he’s not that just into you, the no excuses truth to understanding guy » (il ne tient pas à toi, le guide sans excuse pour comprendre les mecs), « How to be a super Hot Woman : 339 tips to make every man fall in love with you and every women envy you » (comment être une nana canon : 339 conseils pour rendre tous les hommes amoureux de vous, et toutes les femmes envieuses), et le livre de Victoria Beckham donnant des conseils vestimentaires. Un rayon typiquement fait pour les anglaises obèses au goût douteux qui peuplent notre belle cité, mais certainement pas pour les petites parisiennes-dubaiennes. Quant à moi, que voulez-vous, appelons cela de la recherche…
Ravalant mon orgueil, et poussant encore plus loin les limites de l’humiliation, je me décide à demander de l’aide au vendeur. A noter entre parenthèses que chez Borders je n’ai JAMAIS trouvé aucun des livres que je cherchais. Etonnament, ils ont le livre de Paris Hilton, de Victoria Beckham, et toutes les œuvres de Paulo Coelho, mais les livres intelligents que je demande d’habitude, ils n’en ont jamais entendu parler. Je suis presque surprise…
Je me hisse jusqu’au comptoir, ou je découvre que la cliente à côté de moi est une vague collègue qui attend des renseignements sur des livres de cuisine. Elle m’adresse un « Bonsoir Superfille-Ciel » qui me fait regretter ma popularité au bureau, car je ne connais même pas son nom. Je m’adresse alors à mi-voix à mon vendeur, et lui demande si je peux écrire le titre du livre, au lieu de le lui dire. De toutes manières, je comprenais a peine son accent philippin, et lui mon accent frenchy. Bref, je note sur un post-it mon titre, et le lui tends. Ses yeux s’éclairent alors que mes tempes transpirent, et, ce que je voulais tant éviter se produisit avant même que j’aie le temps de me composer un visage décent : « Pourquoi les hommes aiment les connasses. C’est bien ça que vous cherchez ? Je regrette, m’am, mais nous ne l’avons pas en stock. En fait, c’est un best seller, ainsi que Pourquoi les hommes épousent des connasses, ils sont toujours épuisés. Mais si vous y tenez, on peut vous le commander. » Et pourquoi tu ne hurles pas encore plus fort, bougre d’âne, je crains que les gens du cinéma voisin ne t’aient pas entendu ? On dit que le ridicule n’a jamais tué personne, sinon je serais morte de honte sur place. Enfin, si je veux bien etre sur liste d'attente pour les dernieres Sergio Rossi a plumes, il est hors de question que je le sois pour un livre stupide.
J’empochai le post-it et prit mes Choos à mon cou.
Quelques heures plus tard, alors que je sirotais un mojito sur la plage du Barasti avec mes 2 amis jordaniens Mr. Z et Mr. R., bercés par le roulis des vagues et la brise nocturne, je décidai de raconter mon histoire. Le beau Z., songeur, me demanda si je voulais vraiment acheter ce bouquin, Pourquoi les hommes aiment les connasses. Et me lança du tac o tac : n’existe-t-il pas un livre appelé : Pourquoi les femmes aiment les trous duc ?
Non, je n’en ai jamais entendu parler, mais cela me donne une bonne idée de livre, je me sens soudain très inspirée et pense disposer d’assez d’éléments pour m’attaquer à l’écriture…

* Bitches: au sens ici de connasses sans coeur.



I made this music playlist at MyFlashFetish.com.

4 commentaires:

mzelle-fraise a dit…

Juste un petit mot pour la musique : pour moi, c'est bon là. Je le lis à ma pause déj! bises!

Superfille.Ciel@gmail.com a dit…

mzelle-fraise: j'ai un peu panique hier a 2h30 du matin quand je n'arrivais pas a mettre la musique, apres le 324eme essai! Ouf, ca y est, ca marche enfin!

Flabbergasted a dit…

Pourquoi les hommes préfèrent les salopes ?
Je crois qu'il y là inversion du rapport de cause à effet : ce ne sont pas les hommes qui vont vers les salopes, mais les filles qui rencontrent beaucoup de succès avec ces derniers qui deviennent des salopes pour les autres filles !

En effet, forte du succès lui garantissant la protection masculine, la femelle dominante se met à snober ses congénères en établissant un lien tacite mais systématique entre son mode de vie, son style, ses choix et ses goûts et le succès dont elle se prévaut. Bien que la légitimité de ce lien soit fortement contestable, les hommes étant pour ces choses très primaires et bestiaux, les autres filles ne peuvent s'empêcher de vouloir les imiter d'abord, les flatter ensuite et enfin de rechercher leur compagnie et leurs bonnes grâces dans l'espoir que rejaillisse un jour sur elles-mêmes une part de ce sacro-saint succès... sans que cela ne les empêche nullement de lapider leurs idoles occasionnellement avant de dissoudre leur mythe au vitriole (ah ça fait du bien de temps en temps !). Contradiction féminine dirons-nous.

Mais la femelle dominante n'est pas seulement une salope parce qu'elle tient en respect ses émules ; elle l'est surtout parce qu'elle s'assure en permanence du dévouement de son protecteur grâce à un jeu subtil de langage, de regards et de codes où tout mâle à l'horizon devient une proie pour elle et de facto un rival pour son homme. D'ailleurs l'itinéraire-type de la salope comporte inévitablement l'évincement successif de protecteurs au profit d'autres...

En conclusion, on pourrait dire que les pauvres hommes font ce qu'ils peuvent pour séduire, alors que les salopes, elles, s'offrent le luxe de choisir !

mzelle-fraise a dit…

Bon, SuperFilleCiel, passons aux choses sérieuses : à quand le livre?!!