lundi 18 février 2008

Les goûts et les couleurs...

On dit toujours que ça n'arrive qu'aux autres.
En l'occurrence, c'est vrai, puisqu'il semblerait que depuis quelques temps les bébés fleurissent autour de moi.
Alexandre, Urbain, Alexis, Camille, Léo, et autres prénoms charmants résonnent a mes oreilles comme mille promesses de lendemain chantant.
Ainsi, lorsque ce week-end, un séminaire de ma compagnie me permettait de retrouver quelques uns de mes (pas si) anciens collègues, je m'enquis vite de leur nouvelles.
L'un, J., venait d'avoir un fils dernièrement.
J., c'est le type qui pense que rouler en Porsche le place au dessus des autres (rien de plus commun, et ridicule, qu'une Porsche à Dubaï), que l'on peut encore cacher sa calvitie naissante en rabattant ses (rares) cheveux longs gominés dessus, celui qui rote à table après un bon repas avec les représentantes de ta marque venues de New-York, et qui n'a pas encore remarqué que les blazers croisés à boutons dorés sont un peu datés. Ainsi, il m'impose sa présence tonitruante et ses manières frustes depuis trois ans déjà.
Mais quand il m’annonça que son fils avait enfin pointé le bout de son nez, je me suis dit qu’il fallait lui laisser une deux millième chance, et lui demandai, enthousiaste, le nom de son bébé. En général, quand on pose cette question, on est suspendu aux lèvres de son interlocuteur, prêt à enchaîner : « comme c’est mignon ! » ou « comme mon petit neveu, c’est adorable comme nom ».
Mais là, rien à faire, je suis restée bouche bée.
« Mohammed ».
Je n’ai trouvé à lui répondre que : « il parait que c’est le nom le plus porté chez les locaux ici, avec Abdullah », c’est dire le compliment. Mais lui l’a pris comme tel, et m’a d’ailleurs remerciée. Pour enchaîner sur son yacht, et le nouveau Porsche Cayenne qu’il s’est commandé.
Il parait que les goûts et les couleurs ne se discutent pas.
Et que tous les goûts sont dans la nature.
Effectivement, mais je vous conseille néanmoins de vous méfier des collègues aux blazers marine croisés à boutons dorés.

mardi 12 février 2008

Quelque chose de paradis...


La fashion week dubaiotte continue avec ce soir le defile Christian Lacroix.
J'ai rate la partie pret-a-porter, mais suis arrivee a temps pour le diner de gala et la collection Haute-Couture.
Le defile a vraiment eu l'effet que la couture doit toujours avoir: nous faire rever. Un travail d'orfevre, digne des contes de fees.
Toutes les convives; c'etait cette fois un "Gala Dinner for ladies only", car il y avait de nombreuses sheikhas, toutes les convives donc sont restees bouche bee.
C'etait la collection Automne-Hiver 2007-2008, sublime, somptueuse, magique. Pour jeter un coup d'oeil, c'est la.

Il parait qu'il reste environ 200 femmes clientes de la Haute-Couture dans le monde. Je vous parie qu'il y en a un bon pourcentage qui vivent a Dubai et qui etaient la ce soir, parmi les 350 invitees VVVIP.

Voici quelques unes de mes robes preferees, s'il est possible d'en choisir quelques unes...

lundi 11 février 2008

From dream job to nightmare...

Deuxieme jour dans l'univers impitoyable de la mode.
Tout avait pourtant bien commence, hier.
Aujourd'hui, journee epuisante, ou j'ai du me plonger dans l'epluchage de contrats avec de nouvelles marques. (la mode a aussi son cote obscur...)
Je n'ai meme pas eu le temps de repondre a mon telephone, et aux messages gentils de mes ex-collegues qui me disent que le bureau est vide sans moi.
Ai quitte le travail a 18h, pour m'engloutir dans le trafic, braver les taxis, les radars, et les range-rovers lancees a toute allure, pour me preparer en moins d'une heure pour le Fashion Show de ce soir.
Mission impossible, meme pour moi.
Je ne suis toujours pas convaincue par ma nouvelle couleur de cheveux (je suis brune depuis samedi, voire meme noiraude, j'ai toujours un doute...) Du coup, j'accentue mon maquillage pour faire ressortir mes yeux verts avec du khol et du rouge a levres rouge, j'oscille entre Dita Von Teese et Morticia Adams.
J'arrive plus tard a la soiree, pour constater que contrairement a ce qu'on m'a dit, on n'a absolument pas besoin de moi pour les interviews des designers a la presse, donc je peux siroter des cocktails (sans alcool, evidemment!) avec mon copain F. rencontre par hasard.
La salle se remplit, et tout le beau monde de Dubai envahit le lieu de ses robes colorees-dorees-accessoirisees-bijoutees...
Les photographes des journaux pipoles locaux se regalent, et nous demandent de prendre la pause: Mondanites, Hello, Ahlan,... Grazia me demande meme les designers de ma tenue. Un instant j'ai pense faire une blague et leur dire Monoprix, mais ces stupides anglais pourraient me croire et me demander qui est cette graine de styliste. Alors je dis la verite, Galliano-Narciso-Chanel, en prenant la pause avec A et J en Dior des pieds a la tete (normal, elles travaillent pour la marque).
Madame arrive, sculpturale dans une robe Dior fourreau a traine imprimee zebre noir et blanc, les journalistes abandonnent les fausses VIPs (nous) pour se jeter sur elle.
Le diner commence, et, isolee et desoeuvree, je sympathise avec mes voisines de table, 2 locales couvertes des pieds a la tete de leurs abayas noires et de diamants. A elles deux, je pense qu'elles portent plus de diamants qu'on ne trouve au Gold Souk. Finalement tres tres sympathiques, elles me disent qu'elles ADOOOORENT Paris, et y faire du shopping. Soupir. On trouve un terrain d'entente en parlant de Jane Austen, Kundera et des soeurs Bronte.
Mon ami F. tente toujours de me convaincre de l'emmener au yoga, profonde discussion avec mes deux nouvelles amies Fatima et Affia sur la derniere collection Dior, malentendu telephonique avec Souperman qui se vexe et croit que je me moque de lui.
Heureusement, le show commence, spectaculaire, somptueux, sublime.

(voici une photo du Final, un vrai feu d'artifice!)
Rien a envier aux shows parisiens. Puis j'abandonne mes nouvelles amies qui me demandent ou est le Cafe de Flore a Paris, et F. qui dragouille un modele, pour aller ranger les robes backstage. Je me fraye un chemin entre les mannequins nues et les techniciens qui se rincent l'oeil, pour chercher a 4 pattes une paire de chaussures vertes Michel Klein avec sa propre soeur, Catherine Klein, tout a fait charmante du reste.
Alors quand Stella Cadente et sa dircom ont voulu aller boire un dernier verre au 400, j'ai gentiment decline et saute dans un taxi, ou l'odeur des dessous bras de mon chauffeur m'ont vite fait redescendre sur terre. Dure realite.

dimanche 10 février 2008

So far, so good...

Je suis bien rentree de mon escapade milanaise, sur les chapeaux de roue.
J'ai bien mis a profit ces quelques jours pour masteriser mon guide Wallpaper, et me gaver de bonnes choses (entre autres, la mortadelle n'existe pas a Dubai, car c'est du porc!)
Enfin, j'ai commence ce matin mon nouveau travail. Je suis desolee de vous avoir laisse en suspens l'autre jour, mais j'etais vraiment malade. Bon, je suis donc la manager regionale d'une equipe de 5 brand managers de grandes marques pour la region Proche et Moyen Orient: la marque aux 2 C croises, la marque du grand maestro italien qui aime le rouge et vient de tirer sa reverence, la marque du createur-reveur arlesien, la marque du styliste fou de Dior, la marque americaine en logo joueur de polo, la marque de chaussures italiennes aux fameux picots... et tant d'autres encore...
So far, so good.
Je n'ai pas encore vu Madame, car cette semaine, mon arrivee coincide avec la Fashion week dubaienne (quelle blague).
Donc ce matin, c'etait conference de presse, et demain soir, diner de gala.
Tiens, au passage, cet apres-midi j'ai rencontre Stella Cadente, l'une de mes marques aussi, avec qui j'ai eu un grand debat sur un look du defile: doit-on faire cohabiter le sac-cage dore, avec le collier-armure-excalibur et le boa noir a plumes de corbeaux?
Je sais, il y a des sujets plus graves dans la vie.
Mais quand je vois que les journalistes francais se complaisent dans le couple Bruni-Sarkozy...

dimanche 3 février 2008

Bons baisers de Milan...

Bons baisers de Milan ou ma premiere journee fut on ne peut plus profitable:
lever a 10h, un petit dejeuner capuccino-croissant au comptoir d'une patisserie ("al volo"), la messe au Dome (magnifique!), puis re-capuccino au Gucci Caffe dans la Galleria Vittorio Emmanuele, puis promenades dans les rues sacrees de la mode: via Montenapoleone, Via Spiga, etc, puis shopping a la Rinascente, l'equivalent du Bon Marche Milanais, lunch au sommet, juste face a la toiture du Dome, superbe, puis re-shopping chez Prada, et Massimo Dutti, puis glace dans une Gelateria typique, et je suis epuisee! En plus, j'ameliore vraiment mon italien, d'ici mon depart mercredi soir, je serai (presque) bilingue!
J'avais presque oublie comme c'est bon de se promener dans des rues normales, avec des gens elegants, au lieu d'arpenter des malls insipides peuples de gens bizarres...
Baci da Milano!

jeudi 31 janvier 2008

Tourner la page...

Aujourd'hui, c'etait mon dernier jour au travail. Apres 3 ans passes au sein de la meme compagnie, qui etait pour moi comme une famille d'adoption a Dubai, depuis que je suis arrivee, jeune et pleine d'espoirs, de France.
Hier, j'ai eu mon dejeuner d'adieu avec mes collegues les plus proches, chez Armani Caffe (mon QG a Dubai!) Et j'ai recu en cadeau de l'equipe un pendentif: une perle noire cernee de diamants, magnifique!

Dimanche matin, je ne reprendrai plus ma petite voiture en direction de Jebel Ali. Les parfums, les engueulades quotidiennes avec mon commercial/gorille libanais, les coups de gueule du client saoudien, ma pipelette du Kuwait, les chieuses du Liban, le silence de l'Egypte, les evenements PR annules, les campagnes medias qui ne commencent jamais, Jebel Ali, c'est fini.

Entre nous, dimanche matin, je serai bien loin: je serai a Milan, prete a conquerir la ville, faire les soldes, me regaler de nourriture italienne, decouvrir le Bulgari Spa, avec Souperman. Donc je ne vais pas non plus me plaindre...

dimanche 27 janvier 2008

The devil wears...


Un brushing et une french plus tard, je file (presque) en retard a mon rencard...
Sur la route, j'avais pris soin d'appeler toutes les personnes de mon entourage qui travaillent ou ont un jour travaille pour Madame.
Le RH avait en effet neglige de me dire pour quel poste j'allais etre interviewee!
Renseignements pris, c'est le poste de Brand Manager Regional Chanel qui est disponible. Et a priori, elle veut quelqu'un de tres presentable, cultive, et francais. Parfait!
En revanche, moi qui suis une grande fan de sacs Chanel devant l'eternel, j'arborais ce jour-ci mon YSL Mombassa Marquise (neanmoins mon sac prefere, et porte-bonheur).
Detail qui tue, je portais neanmoins des boots Chanel a camelias, en piteux etat a cause de la pluie.
J'avais un peu le trac quand meme, moins par ce que les gens m'avaient dit sur la Dame en question (son surnom en ville est "The Devil Wears Chanel"), que par mon admiration pour une femme forte, qui sait mener de front une carriere brillante, un personnage public et une vie de famille.
Je n'attends qu'un quart d'heure quand tout le monde m'avait dit que j'attendrais au moins 2 heures, et je suis recue par une femme charmante.
Elle est beaucoup plus jolie, plus "petite" et plus mince que sur ses photos, et elle se rappelle soudain de moi, nous nous etions rencontrees au Fashion Show Bill Blass que j'avais organise en mars 2007. D'ailleurs elle porte ce jour-la le parfum que je lui avais offert alors!
Parfaitement mise, elle est emmitouflee dans un moelleux pull de cachemire gris, et des leggings noirs, assortis au Noir Ceramique de ses ongles.
Tres cordiale, elle me prie de me mettre a l'aise dans son bureau en attendant qu'elle passe un coup de fil important. Le directeur commercial arrive, se presente: il est francais, et le courant passe immediatement quand nous nous mettons a disserter sur Joice vs. Lane Crawford a Hong-Kong (de superbes concept/department stores), et les montagnes sacrees de Yang Shuo (que j'ai decouvertes il y a 3 ans deja).

Il prend mon CV, et le remonte par la fin, comme tous les francais, pour commencer par mon education: ce qu'il voit semble le ravir, et moi d'ajouter des petits details par-ci, par-la.
Mais la communication de Madame est terminee, donc elle se joint a nous.
L'entretien se fit uniquement en francais, car Madame est elle-meme libanaise-francaise, et s'exprime dans un francais impeccable.
Il s'empresse lui-meme de me vendre, en soulignant mon education, litteraire et sciences-potiche, ma passion pour les voyages, et ma pratique du tennis et yoga.
C'est alors que je prends la parole, pour detailler un peu mon profil.
Et la, je sens que Madame me regarde et me scrute jusque dans les moindres intonations de ma voix. Une sorte de Grand Oral es fashion.
Je retiens mon souffle, et la, je la vois sourire, et je sens que c'est gagne.
Au bout de 10 minutes d'entretien, elle est desarmee, et avoue ne plus savoir quoi me demander. Le directeur commercial prend le relais, et tache de me poser des questions sur mes annees lorealiennes, mon experience dubaienne, ma vision de la mode au Moyen-Orient,...
La conversation continue presque 2 heures, je case au passage que je viens de visiter l'exposition Lacroix au Musee de la Mode, que j'ai adoree (Lacroix est une des marques prestigieuses que Madame possede sur la region, et l'un de ses amis personnels).
Par hasard, je mentionne que j'ai fait des formations couleurs a l'IFM, qui m'ont initiee au pastel, et a la decomposition des couleurs, je vois Madame le noter immediatement sur mon CV.
Madame me demande quelles sont mes marques preferees, je prends mon souffle et je reponds du fond du coeur que j'adore Chanel, j'aime beaucoup YSL mais Pilati m'ennuie a force, j'admire ce que fait Gauthier pour Hermes, mais, comme on ne peut pas non plus s'habiller en Chanel tous les jours (Madame sourit, elle le peut!), je m'habille beaucoup en Alberta Ferretti, ou Philosophy, car c'est tres fluide, tres feminin, et classique.
J'adore aussi Valentino, le maitre, (une de ses marques aussi), dont les robes me font le meme effet que celles d'Oscar de la Renta: elles vous transforment en princesses de contes de fees, et c'est le reve de toute jeune femme moderne d'en posseder une un jour.
Enfin, j'ajoute que j'ai decouvert dernierement (notamment grace a vos blogs les filles, et a mon amie A-F, toujours a la pointe de la mode, merci a vous!) que je ne suis pas du tout "tendances", et que la mode du jean slim ou du flare, des low boots et des paletots, ca me rase. D'ailleurs je ne porte pratiquement jamais de jeans.
Madame acquiesce d'un signe de tete, je sens qu'elle est conquise.
A la fin de l'entretien, elle me presente sa compagnie, et les marques magnifiques qu'elle distribue sur toute la region (de quoi vous faire saliver les filles!).
Elle me demande quelle marque, ou quel poste m'interesserait. Toujours tres franche, je lui confesse que je sais que le poste de Brand Manager Chanel est vacant.
Et la, je tombe de haut: je serais absolument parfaite pour le poste, me dit-elle, mais voila: elle avait decide d'embaucher un homme a cause de 2 grandes ouvertures de magasins en Arabie Saoudite prochainement!
Je rebondis en lui glissant avec un sourire que c'est la premiere fois de ma vie que je vais regretter d'etre une femme!
Elle s'empresse de me rassurer, et de me dire qu'elle va reflechir, et revenir vers moi.
Je quitte les lieux un peu decue, mais avec une note d'espoir quand elle m'escorte elle-meme jusqu'a la porte des bureaux.
Il ne me reste plus qu'a attendre le verdict.
Pas grave, en attendant, j'ai un entretien de prevu le dimanche suivant avec une autre marque prestigieuse, la marque au monogramme specialiste du voyage, pour un poste tout aussi excitant.
La suite demain, la fievre me forcant a abreger mon recit...