Un Anonyme lecteur et admirateur me faisait judicieusement remarquer hier soir que malgré ma plume affûtée, je ne mettais mes dons naturels au service que de sujets très superficiels, tels que la mode, les parfums, ou des anecdotes sans importance.
Ce à quoi je répondrais : en effet.
Mais au moins, je suis honnête et j’affiche mes choix: mon pseudo n’est pas choisi au hasard, et le rose de mon site annonce la couleur.
Tous ces gens qui s’épanchent et confondent leur blog avec leur journal intime, décrivant en long en large et en travers leurs états d’âme gratuitement, fautes d’orthographe en bonus, ça me donne la nausée, je trouve cela désolant, sordide, et impudique.
Non, je reste convaincue que si les gens passent du temps sur internet, c’est pour être divertis, lire des sujets légers qui les distraient du quotidien grisonnant, des collègues envahissants, des dossiers à boucler, des impôts à payer. Lire des choses assez légères et générales, des anecdotes vraies, qui pourraient leur arriver, racontées de manière distrayante.
Alors non, je ne dis rien de la souffrance des gens, des peurs viscérales et des faiblesses honteuses, des doutes qui tenaillent et des déceptions qui soufflent le coeur.
De la douleur intolérable quand la mort prend quelqu’un de cher injustement, des inquiétudes de la jeune mère devant son enfant malade, de la sueur froide du menteur qui se regarde dans la glace, des espoirs déçus qui nous vrillent au ventre, d’un amour qui ne rend pas heureux, de la cécité des hommes, de la souffrance de ne pas savoir pourquoi, du lâche qui se sait lâche et voudrait trouver des excuses, de la vanité de tout devant ce qui nous dépasse, de l’impuissance devant notre destin, de la culpabilité honteuse de celui qui trompe, de la volonté de ceux qui n’ont plus rien à perdre, des braves qui regardent impuissants, de la force du dernier espoir, de la misère de ceux qui n’assument pas, de la solitude et du calme trop bruyants, de l’impuissance de voir ceux qu’on aime se fourvoyer, du regret d’avoir pardonné trop vite, des doutes que l’on traverse dans sa Foi, de la folie douce de faire ce qu’on ne devrait pas faire mais on le fait quand même, des longues heures d’angoisse à attendre que le téléphone sonne, du choix difficile du silence, de l’amour impuissant, du chemin que l’on ne prend pas, de l’élan qui nous pousse, de la déception de voir que l’on ne peut pas changer quelqu’un, des leçons que la vie nous donne, de celles qu’elle ne nous donne pas, des voyages que l’on ne fait pas, des personnes que l’on ne rencontre pas, des amitiés qui nous déçoivent, de la fatalité selon laquelle on est toujours obligé de se relever.
Parce que nous ne sommes que des humains, on aime, on souffre, on rit et on se déchire.
On porte tous sa croix, ses douleurs et ses failles.
Non, mon blog n’a pas pour but de parler de cela. Je préfère ne pas l’entendre et ne pas le dire, et essayer de tourner d’une manière plaisante les petites perles du quotidien.
Car le rire est une excellente thérapie aux petits et aux grands maux.
Enfin, l’ami Brel disait : « Qui n’avance pas, recule ».
Alors en avant !